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ARCE : Toucher son Chômage en Capital pour Créer son Activité
Découvrez comment l'ARCE vous permet de toucher 60 % de vos droits chômage en capital pour financer votre lancement en freelance ou création d'entreprise.
L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) permet de recevoir 60% de ses droits restants au chômage en capital. Cette somme est destinée à financer le lancement d’une activité indépendante ou la création d’une entreprise.
ARCE : Toucher son Chômage en Capital pour Créer son Activité
Vous venez de perdre votre emploi et vous rêvez de vous lancer en freelance ou de créer votre propre entreprise ? Saviez-vous que vous pouviez percevoir une partie de vos allocations chômage en une seule fois, sous forme de capital ? C’est précisément ce que permet l’ARCE, l’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise. Un dispositif encore méconnu, pourtant précieux pour financer ses premiers mois d’activité sans attendre. Voici tout ce que vous devez savoir pour en bénéficier en 2025.
Qu’est-ce que l’ARCE et dans quel but est-elle accordée ?
L’ARCE est une aide versée par France Travail (ex-Pôle emploi) aux demandeurs d’emploi qui décident de créer ou reprendre une entreprise. Au lieu de percevoir vos allocations chômage (ARE) chaque mois, vous optez pour un versement en capital, c’est-à-dire en deux fois, au démarrage de votre projet.
Depuis le 1er juillet 2023, le montant de l’ARCE correspond à 60 % du reliquat de droits ARE restant au moment de la création de votre entreprise. Avant cette date, ce taux était de 45 %. Cette revalorisation significative rend le dispositif encore plus attractif pour les futurs indépendants.
Exemple concret : si vous disposez encore de 15 000 € de droits ARE au moment de votre création d’entreprise, vous percevrez 9 000 € en capital (60 % × 15 000 €), versés en deux fois.
Ce capital peut ensuite être utilisé librement : achat de matériel, financement d’une formation complémentaire, constitution d’un fonds de roulement ou tout simplement sécuriser vos premiers mois sans revenus garantis.
Quelles sont les conditions pour pouvoir bénéficier de l’ARCE ?
Pour prétendre à l’ARCE, vous devez remplir plusieurs conditions cumulatives :
- Être indemnisé par l’ARE au moment de la demande, ou être en cours d’indemnisation différée.
- Créer ou reprendre une entreprise : auto-entreprise, SASU, EURL, SAS, association, etc. Toutes les formes juridiques sont éligibles.
- Bénéficier de l’ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise), l’exonération partielle de charges sociales accordée aux nouvelles activités. L’ACRE est une condition sine qua non pour obtenir l’ARCE.
- Ne pas avoir déjà perçu l’ARCE pour la même ouverture de droits.
Il est important de noter que l’ARCE et le cumul ARE + revenus freelance sont deux dispositifs distincts et incompatibles. Vous devez choisir : soit vous continuez à percevoir vos allocations mensuellement tout en démarrant votre activité (cumul ARE), soit vous optez pour l’ARCE et percevez un capital. Ce choix doit être mûrement réfléchi en fonction de votre situation personnelle et de la nature de votre projet.
Comment effectuer la demande d’ARCE, étape par étape ?
La procédure est plus simple qu’on ne le croit, mais elle nécessite de respecter un ordre précis :
- Immatriculez votre entreprise auprès des organismes compétents (INPI, greffe du tribunal, URSSAF selon le statut choisi).
- Demandez l’ACRE simultanément ou immédiatement après votre immatriculation. Sans obtention de l’ACRE, la demande d’ARCE sera refusée.
- Déposez votre demande d’ARCE auprès de votre agence France Travail dans les 30 jours suivant la date de création de votre entreprise. Passé ce délai, vous perdez le droit à cette aide.
- Fournissez les justificatifs : extrait Kbis ou avis de situation SIRENE, justificatif d’obtention de l’ACRE, RIB.
Le premier versement intervient généralement dans les semaines suivant l’acceptation de votre dossier. Le second versement est effectué automatiquement 6 mois après le premier, à condition que votre entreprise soit toujours en activité.
Attention : si vous cessez votre activité avant le second versement, vous ne percevez pas la seconde tranche. En revanche, vous pouvez récupérer vos droits ARE non consommés dans certaines conditions, sous réserve que votre ouverture de droits soit encore valide (3 ans maximum).
Comment choisir entre l’ARCE et le cumul de l’ARE ?
C’est la question que se posent la plupart des créateurs d’entreprise. Il n’existe pas de réponse universelle, mais voici les éléments de comparaison clés :
Optez pour le cumul ARE si :
- Votre activité démarre lentement et vous avez besoin d’un filet de sécurité mensuel.
- Vous avez peu d’épargne personnelle et souhaitez un revenu régulier le temps de trouver vos premiers clients.
- Vous exercez une activité qui génère des revenus irréguliers au départ (conseil, freelance en prospection active).
Optez pour l’ARCE si :
- Vous avez des investissements initiaux importants à financer (équipement, logiciel, local).
- Vous avez déjà des clients ou des missions confirmées et n’avez pas besoin d’un revenu mensuel garanti.
- Vous souhaitez disposer d’un capital immédiat pour accélérer votre lancement.
- Vos droits ARE restants sont élevés, ce qui rend le capital perçu significatif.
Un calcul simple : si vous avez 24 000 € de droits restants, l’ARCE vous donne 14 400 € en capital. Avec le cumul ARE, vous percevrez potentiellement davantage sur la durée, mais de manière étalée et sous conditions de revenus.
Quelles sont les erreurs à éviter lors de l’utilisation de l’ARCE ?
Nombre de créateurs d’entreprise ratent le bénéfice de l’ARCE par manque d’information. Voici les pièges les plus courants :
- Déposer la demande trop tard : le délai de 30 jours est strict. Passé ce cap, aucune dérogation n’est accordée.
- Oublier de demander l’ACRE : sans cette étape préalable, l’ARCE est automatiquement refusée.
- Confondre date d’immatriculation et date de début d’activité : c’est bien la date figurant sur votre extrait KBIS ou avis SIRENE qui fait foi.
- Changer de statut après coup : si vous passez de micro-entrepreneur à SASU par exemple, cela peut complexifier votre situation. Anticipez votre choix de statut avant la demande.
- Ne pas déclarer ses revenus : même après avoir perçu l’ARCE, certaines obligations déclaratives subsistent. Renseignez-vous auprès de votre conseiller France Travail.
Que retenir de l’ARCE pour la création d’activité ?
L’ARCE est un levier financier puissant pour tout demandeur d’emploi qui souhaite franchir le cap de l’entrepreneuriat ou du freelance. En percevant jusqu’à 60 % de vos droits chômage en capital, vous vous donnez les moyens de démarrer votre activité dans de meilleures conditions, sans vous retrouver à court de trésorerie dès les premiers mois.
Le secret réside dans la bonne préparation : immatriculez votre entreprise, obtenez l’ACRE, et déposez votre demande d’ARCE dans les temps. Si vous hésitez encore entre ARCE et cumul ARE, n’hésitez pas à utiliser les simulateurs disponibles sur le site de France Travail ou à consulter un conseiller pour une analyse personnalisée de votre situation.
Vous êtes en pleine réflexion sur votre projet de reconversion ou de lancement en freelance ? Explorez les autres guides disponibles sur ce site pour prendre les meilleures décisions à chaque étape de votre transition professionnelle.
Quelles sont les questions fréquentes concernant l’ARCE en 2025 ?
L’ARCE est-elle imposable ? Oui, l’ARCE est soumise à l’impôt sur le revenu, au même titre que les allocations chômage. Elle est également soumise à la CSG et à la CRDS. Pensez à le prévoir dans votre budget.
Peut-on cumuler l’ARCE et l’ACRE ? Oui, et c’est même obligatoire : l’obtention de l’ACRE est une condition indispensable pour bénéficier de l’ARCE. Ces deux aides sont complémentaires et non exclusives l’une de l’autre.
Que se passe-t-il si je cesse mon activité avant le deuxième versement ? Si votre entreprise cesse son activité avant le second versement (6 mois après le premier), vous ne percevez pas la seconde tranche. Vous pouvez toutefois, sous certaines conditions, récupérer vos droits ARE restants, à condition que votre ouverture de droits soit toujours valide (dans les 3 ans suivant l’ouverture).
Questions fréquentes
L’ARCE est-elle cumulable avec le revenu de mon activité freelance ?
Non, l’ARCE et le cumul de l’ARE (allocations chômage mensuelles) avec vos revenus de freelance sont deux dispositifs incompatibles. Vous devez choisir l’un ou l’autre au moment de la création de votre entreprise.
Quand dois-je faire ma demande d’ARCE ?
Votre demande d’ARCE doit être déposée auprès de France Travail dans les 30 jours suivant la date officielle de création de votre entreprise. Il est crucial de respecter ce délai pour ne pas perdre vos droits.
L’ACRE est-elle obligatoire pour obtenir l’ARCE ?
Oui, l’ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise) est une condition indispensable pour pouvoir bénéficier de l’ARCE. Vous devez obtenir l’ACRE avant ou en même temps que votre demande d’ARCE.
Que se passe-t-il si je cesse mon activité avant de recevoir le second versement de l’ARCE ?
Si vous cessez votre activité avant le second versement, vous ne recevrez pas cette seconde tranche. Cependant, vous pourrez potentiellement récupérer vos droits ARE restants non consommés, sous réserve que votre période d’indemnisation soit toujours valide.