· Reconversion Professionnelle · 7 min read
Démissionner pour se Reconvertir : Vos Droits au Chômage
Démissionner pour une reconversion et toucher le chômage en 2025 ? Découvrez les conditions et démarches pour une démission légitime et votre droit à l'allocation.
Il est possible de bénéficier de l’allocation chômage après une démission si celle-ci est considérée comme légitime, notamment dans le cadre d’un projet de reconversion professionnelle. Pour cela, des conditions spécifiques et des démarches précises doivent être respectées avant de quitter votre emploi.
Démissionner pour se Reconvertir : Vos Droits au Chômage en 2025
Vous rêvez de tout plaquer pour vous reconvertir, mais la peur de perdre vos droits au chômage vous retient ? Bonne nouvelle : depuis 2019, il est possible, sous certaines conditions, de démissionner et de percevoir l’allocation chômage pour financer votre projet de reconversion. Un changement législatif majeur qui ouvre des portes à des milliers de salariés chaque année. Voici tout ce que vous devez savoir avant de franchir le pas.
Qu’est-ce qu’une démission légitime pour reconversion professionnelle ?
Depuis la réforme de l’assurance chômage du 1er novembre 2019, une nouvelle catégorie de démission ouvre droit aux allocations : la démission pour reconversion professionnelle. Ce dispositif, souvent appelé « démission-reconversion », s’adresse aux salariés qui souhaitent quitter leur emploi pour suivre une formation qualifiante ou créer/reprendre une entreprise.
Concrètement, vous pouvez démissionner et prétendre à l’ARE (Allocation de Retour à l’Emploi) si vous remplissez deux conditions cumulatives :
- Justifier d’au moins 5 ans d’ancienneté en tant que salarié (pas nécessairement chez le même employeur)
- Avoir un projet de reconversion sérieux : soit une formation certifiante nécessitant un financement, soit un projet de création ou reprise d’entreprise
Ce dispositif est distinct des autres cas de démission légitime (déménagement, mariage, violences conjugales…) qui permettent également d’accéder au chômage dans des situations spécifiques.
Quelles sont les étapes à suivre pour valider votre projet avant de démissionner ?
Attention : vous ne pouvez pas démissionner et faire valider votre projet après coup. La démarche est obligatoirement préalable à la démission. Voici le processus étape par étape.
1. Consulter un Conseil en Évolution Professionnelle (CEP)
Avant toute chose, vous devez prendre rendez-vous avec un Conseiller en Évolution Professionnelle (CEP). Ce service est gratuit et confidentiel. Il est assuré par des opérateurs agréés comme l’Apec (pour les cadres), Cap emploi, Transitions Pro ou encore certains organismes régionaux.
Le CEP va vous aider à formaliser votre projet, évaluer sa cohérence et préparer votre dossier. Cette étape est obligatoire : sans attestation du CEP, votre demande ne pourra pas être examinée.
2. Soumettre votre dossier à la Commission Paritaire Interprofessionnelle Régionale (CPIR)
Une fois votre projet formalisé avec le CEP, vous déposez un dossier auprès de la CPIR (également appelée Transitions Pro dans votre région). Cette commission évalue la réalité et le sérieux de votre projet.
La CPIR dispose de 60 jours pour rendre son avis. Si votre projet est validé, vous obtenez une attestation qui vous permettra, après votre démission et votre inscription à France Travail, de bénéficier de l’ARE.
3. Démissionner et s’inscrire à France Travail
Une fois l’avis favorable obtenu, vous pouvez donner votre démission, effectuer votre préavis, puis vous inscrire à France Travail (ex-Pôle emploi) dans les 6 mois suivant la validation de votre dossier. Passé ce délai, l’autorisation n’est plus valable.
Quel montant d’allocation chômage pouvez-vous percevoir après une démission pour reconversion ?
Le montant de l’ARE dans le cadre d’une démission-reconversion est calculé exactement de la même façon que pour un licenciement. Il dépend de votre salaire journalier de référence des 24 derniers mois.
En 2025, l’allocation est calculée selon la formule la plus avantageuse entre :
- 40,4 % du salaire journalier de référence + 12,95 €
- 57 % du salaire journalier de référence
Le montant minimum est de 31,59 €/jour et le montant maximum correspond à 75 % du salaire journalier de référence brut.
La durée d’indemnisation dépend de votre ancienneté : elle est égale à votre durée de travail des 24 derniers mois (ou 36 mois pour les plus de 53 ans), dans la limite de 24 mois (30 mois après 53 ans, 36 mois après 55 ans).
Exemple concret : Un salarié gagnant 2 800 € brut/mois peut percevoir une ARE d’environ 1 600 à 1 800 €/mois, selon sa situation personnelle.
Quels sont les pièges à éviter absolument lors d’une démission pour reconversion ?
Ce dispositif est avantageux, mais plusieurs erreurs peuvent vous coûter cher :
Ne pas respecter l’ordre des étapes : si vous démissionnez avant d’obtenir la validation de la CPIR, vous perdez tout droit à l’ARE dans ce cadre. Il n’y a pas de rétroactivité possible.
Sous-estimer le délai de traitement : entre la prise de rendez-vous avec le CEP, la constitution du dossier et l’instruction par la CPIR, comptez 3 à 4 mois minimum. Anticipez bien avant d’en parler à votre employeur.
Négliger la solidité du projet : la CPIR examine sérieusement les dossiers. Un projet vague ou peu documenté peut être refusé. Préparez une argumentation solide : devis de formation, étude de marché pour une création d’entreprise, lettres de motivation…
Oublier de s’inscrire à France Travail à temps : l’inscription doit intervenir dans les 6 mois suivant la validation. Après votre préavis, ne tardez pas.
Quelle est la différence entre une démission pour reconversion et une rupture conventionnelle ?
Beaucoup de salariés se demandent s’il vaut mieux opter pour une rupture conventionnelle plutôt que de passer par le dispositif démission-reconversion. Les deux ouvrent droit au chômage, mais avec des différences importantes :
| Critère | Démission-reconversion | Rupture conventionnelle | |---|---|---|Accord employeur | Non requis | Obligatoire | | Indemnités de départ | Aucune | Indemnité légale ou conventionnelle | | Délai de carence ARE | 7 jours | 7 jours + délai différé selon indemnités | | Ancienneté requise | 5 ans minimum | Aucune | | Validation préalable | Oui (CPIR) | Non |
Si votre employeur accepte une rupture conventionnelle, celle-ci peut s’avérer plus avantageuse financièrement grâce aux indemnités de départ. En revanche, si votre employeur refuse ou si vous souhaitez garder la maîtrise de votre départ, la démission-reconversion est une alternative solide.
En quoi consiste la conclusion de cet article ?
Démissionner pour se reconvertir n’est plus synonyme de prise de risque financier inconsidérée. Grâce au dispositif de démission légitime pour reconversion, vous pouvez bâtir sereinement votre nouveau projet professionnel tout en percevant une allocation. La clé du succès réside dans la préparation en amont : consultez un CEP dès que votre décision est prise, constituez un dossier solide et respectez scrupuleusement les étapes.
Si vous envisagez une reconversion professionnelle et souhaitez être accompagné dans vos démarches administratives et financières, explorez les ressources disponibles sur notre site pour faire les meilleurs choix selon votre situation personnelle.
Quelles sont les questions fréquemment posées sur la démission pour reconversion et le chômage ?
Peut-on cumuler la démission-reconversion avec le CPF ? Oui, tout à fait. Si votre formation est éligible au CPF, vous pouvez mobiliser votre Compte Personnel de Formation pour financer tout ou partie de votre formation, en complément de l’ARE qui assure vos revenus pendant la période de transition.
Que se passe-t-il si mon projet est refusé par la CPIR ? En cas de refus, vous pouvez déposer un recours ou retravailler votre dossier avec votre conseiller CEP. Si vous démissionnez malgré un refus ou sans validation préalable, vous ne pourrez pas bénéficier de l’ARE dans ce cadre, sauf à attendre 4 mois et saisir une instance de recours auprès de France Travail.
Les 5 ans d’ancienneté doivent-ils être chez le même employeur ? Non. Les 5 années d’ancienneté sont calculées sur l’ensemble de votre carrière salariée, peu importe le nombre d’employeurs. Seule la période de travail en tant que salarié du secteur privé est prise en compte (hors fonctionnaires, travailleurs indépendants, etc.).