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Freelance et Retraite Complémentaire : Bien Préparer 2025

Freelance, comment préparer votre retraite complémentaire en 2025 ? Cotisations, PER, stratégies : tout ce quil faut savoir pour sécuriser votre avenir.

Freelance et Retraite Complémentaire : Bien Préparer 2025

Lorsque l’on choisit de travailler en freelance, la liberté professionnelle s’accompagne d’une responsabilité souvent sous-estimée : préparer soi-même sa retraite. Contrairement aux salariés qui bénéficient automatiquement d’une retraite complémentaire via l’Agirc-Arrco, les travailleurs indépendants doivent naviguer dans un système bien différent — et souvent moins avantageux. En 2025, avec la réforme des retraites encore fraîche dans les mémoires, la question est plus urgente que jamais.

Alors, comment un freelance peut-il construire une retraite complémentaire solide ? Quels dispositifs existent, et comment les optimiser selon son statut ? Cet article vous donne les clés pour agir dès aujourd’hui.


Le régime de retraite obligatoire du freelance : ce qu’il faut savoir

Selon votre statut juridique, vous n’êtes pas affilié au même régime de retraite :

  • Auto-entrepreneur (micro-entrepreneur) : vous cotisez auprès de la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI), anciennement RSI, intégrée au régime général depuis 2020. Vos cotisations retraite représentent environ 6 % à 12 % de votre chiffre d’affaires selon votre activité (BIC ou BNC).
  • SASU / président assimilé salarié : vous cotisez comme un salarié classique, y compris à l’Agirc-Arrco pour la retraite complémentaire. C’est souvent le statut le plus protecteur sur ce point.
  • EURL / gérant majoritaire : vous relevez du régime TNS (Travailleur Non Salarié) avec des cotisations retraite complémentaire versées à une caisse spécifique selon votre profession (CIPAV pour les professions libérales, SSI pour les artisans et commerçants).

Le problème fondamental : les taux de remplacement pour les indépendants sont structurellement plus faibles que pour les salariés. En moyenne, un freelance perçoit à la retraite entre 40 % et 55 % de ses revenus d’activité, contre 60 % à 75 % pour un cadre salarié. L’écart peut représenter plusieurs centaines d’euros par mois.


La CIPAV : retraite complémentaire des professions libérales

Si vous exercez une profession libérale non réglementée (consultant, graphiste, coach, rédacteur…) ou réglementée dans certains cas, vous cotisez à la CIPAV pour votre retraite complémentaire.

Le fonctionnement repose sur un système de classes de cotisation allant de A à H. Plus vos revenus sont élevés, plus vous cotisez — et plus vous accumulez de points. En 2025, la valeur du point CIPAV est fixée à 2,7437 € par an.

Quelques repères utiles :

  • Un freelance affilié à la CIPAV avec un revenu annuel de 40 000 € cotise environ 1 650 € par an pour la retraite complémentaire.
  • En cotisant pendant 30 ans à ce niveau, il accumulerait environ 1 800 points, soit une rente annuelle d’environ 4 900 €, soit à peine 408 € par mois.

Ce montant, ajouté à la retraite de base, reste souvent insuffisant pour maintenir son niveau de vie. D’où l’importance de compléter par une épargne personnelle.


Le Plan d’Épargne Retraite (PER) : l’outil incontournable du freelance

Depuis la loi PACTE de 2019, le Plan d’Épargne Retraite (PER individuel) est devenu le dispositif phare pour les travailleurs indépendants souhaitant se constituer une retraite complémentaire sur mesure.

Pourquoi le PER est particulièrement adapté aux freelances ?

  1. Déductibilité fiscale attractive : les versements sur un PER sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite de 10 % de votre revenu professionnel net, avec un plafond majoré pour les TNS pouvant atteindre 85 780 € en 2025. Un freelance fortement imposé peut économiser plusieurs milliers d’euros d’impôts chaque année.

  2. Flexibilité des versements : contrairement à un contrat Madelin (désormais transformable en PER), vous versez quand vous le souhaitez. Les années de vaches maigres, vous cotisez moins. Les bonnes années, vous optimisez.

  3. Sortie en capital possible : depuis la réforme, vous pouvez récupérer votre épargne en capital à la retraite (et non uniquement en rente), ce qui offre une grande souplesse dans la gestion de votre patrimoine.

Combien épargner ?

Une règle empirique souvent citée : épargnez entre 10 % et 15 % de vos revenus nets dès le début de votre activité. Pour un freelance gagnant 4 000 € nets par mois, cela représente 400 à 600 € mensuels à mettre de côté via un PER.

En commençant à 35 ans avec 400 € par mois et un rendement moyen de 4 %, vous pourriez constituer un capital d’environ 230 000 € à 65 ans — soit une rente complémentaire mensuelle de l’ordre de 900 €.


Autres stratégies pour compléter sa retraite freelance

Le PER n’est pas la seule option. Plusieurs approches complémentaires méritent votre attention :

L’assurance-vie

Souple et fiscalement avantageuse après 8 ans de détention, l’assurance-vie est idéale pour diversifier votre épargne retraite. Vous pouvez y loger des fonds en euros (sécurisés) et des unités de compte (plus dynamiques).

L’investissement immobilier locatif

De nombreux freelances choisissent de se constituer un patrimoine immobilier pour percevoir des revenus complémentaires à la retraite. Le crédit immobilier joue ici le rôle de levier : vous remboursez avec vos revenus d’activité, et vous percevez des loyers une fois à la retraite.

Racheter des trimestres

Si vous avez eu des années de faible activité ou une période sans emploi, vous pouvez racheter des trimestres auprès de l’Assurance Retraite pour compléter votre durée de cotisation et améliorer votre taux de liquidation. Le coût varie selon votre âge et votre revenu.


Les erreurs à éviter absolument

Beaucoup de freelances, surtout en début d’activité, remettent la question de la retraite à plus tard. Voici les pièges les plus fréquents :

  • Ne pas cotiser en période de faibles revenus : même de petits versements réguliers ont un impact significatif sur le long terme grâce aux intérêts composés.
  • Confondre chiffre d’affaires et revenu disponible : avant de définir votre effort d’épargne, déduisez vos charges, cotisations sociales et impôts.
  • Oublier de déclarer ses revenus à la CIPAV ou à la SSI : les oublis de déclaration peuvent créer des trous dans votre carrière et réduire votre retraite de base.
  • Ne pas comparer les PER entre eux : les frais de gestion varient fortement d’un contrat à l’autre (de 0,5 % à plus de 2 % par an). Sur 20 ou 30 ans, l’impact est considérable.

Conclusion : anticipez dès maintenant pour une retraite sereine

Préparer sa retraite en tant que freelance demande de la proactivité, mais les outils disponibles en 2025 — PER, assurance-vie, immobilier — permettent de construire une épargne solide et fiscalement optimisée. Plus vous commencez tôt, moins l’effort mensuel est important.

N’attendez pas que l’urgence s’impose pour agir. Si vous souhaitez faire le point sur votre situation et identifier les meilleures stratégies pour votre profil, un bilan patrimonial avec un conseiller indépendant peut être un excellent point de départ.


FAQ

Un auto-entrepreneur cotise-t-il vraiment pour sa retraite ? Oui, mais de façon limitée. Les cotisations retraite représentent une fraction du chiffre d’affaires déclaré. En cas de faibles revenus, les droits acquis sont très faibles. Il est indispensable de compléter par une épargne personnelle type PER.

Peut-on ouvrir un PER même avec un revenu irrégulier ? Absolument. Le PER individuel ne vous oblige à aucun versement minimum régulier. Vous versez ce que vous pouvez, quand vous le pouvez. C’est l’un de ses grands atouts pour les freelances aux revenus variables.

À partir de quel âge est-il trop tard pour préparer sa retraite freelance ? Il n’est jamais trop tard, mais plus vous commencez tard, plus l’effort d’épargne devra être important. À 50 ans, il reste 15 ans pour constituer un capital significatif, surtout avec la déductibilité fiscale du PER qui rend l’effort réel moins douloureux.

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