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Pôle Emploi et Création dEntreprise : Vos Droits en 2025

Chômage et création dentreprise : découvrez comment maintenir vos allocations ARE, les démarches Pôle Emploi et toutes les aides disponibles en 2025.

Pôle Emploi et Création d’Entreprise : Vos Droits en 2025

Vous percevez des allocations chômage et vous souhaitez vous lancer dans la création d’une entreprise ou démarrer une activité freelance ? Bonne nouvelle : France Travail (anciennement Pôle Emploi) a prévu plusieurs dispositifs pour vous accompagner dans cette transition. Pourtant, beaucoup de demandeurs d’emploi ignorent leurs droits et passent à côté d’aides précieuses. En 2025, près de 150 000 créateurs d’entreprise bénéficient chaque année du maintien de leurs allocations ou d’une aide au capital. Voici tout ce que vous devez savoir pour créer votre activité sereinement, sans perdre vos droits.

Ce que change l’inscription à France Travail quand on crée une entreprise

La première question que se posent la plupart des demandeurs d’emploi est simple : suis-je toujours considéré comme chômeur si je crée une entreprise ? La réponse est oui, sous conditions.

Vous pouvez rester inscrit à France Travail et continuer à percevoir des allocations dès lors que votre activité est non salariée et que vos revenus restent inférieurs à un certain seuil. Concrètement, France Travail compare chaque mois votre rémunération tirée de l’activité avec votre allocation journalière de référence (AJR). Si vos revenus sont faibles ou nuls au démarrage — ce qui est souvent le cas les premiers mois — vous pouvez continuer à toucher tout ou partie de l’ARE.

Attention : vous devez déclarer votre activité à France Travail dès le premier jour, sous peine de devoir rembourser des allocations perçues indûment. Cette déclaration s’effectue en ligne via votre espace personnel ou lors de votre actualisation mensuelle.

Le maintien de l’ARE : comment ça fonctionne concrètement ?

Le maintien partiel de l’Allocation de Retour à l’Emploi (ARE) est l’option la plus choisie par les créateurs d’entreprise. Elle vous permet de compléter vos revenus d’activité pendant la phase de démarrage, souvent la plus délicate financièrement.

Le calcul du maintien repose sur la formule suivante :

  • France Travail soustrait 70 % de vos revenus bruts mensuels de votre allocation mensuelle brute.
  • Le solde positif éventuel vous est versé.
  • Si vos revenus dépassent votre allocation, vous ne percevez rien ce mois-là, mais vos droits sont conservés et allongés d’autant.

Exemple concret : Vous avez une allocation mensuelle de 1 500 € et vous facturez 1 000 € HT en tant que freelance. France Travail déduit 700 € (70 % x 1 000 €) et vous verse 800 € d’ARE. Vous percevez donc 1 800 € au total ce mois-là.

Cet mécanisme est particulièrement avantageux pour les freelances en phase de lancement, qui mettent souvent 3 à 6 mois avant d’atteindre un chiffre d’affaires régulier.

ARCE ou maintien de l’ARE : quelle option est la plus avantageuse ?

Face au maintien de l’ARE mois par mois, France Travail propose une alternative : l’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise). Ce dispositif vous verse un capital représentant 60 % de vos droits restants en deux fois (au démarrage puis 6 mois après).

Alors, quelle option choisir ?

Optez pour le maintien de l’ARE si :

  • Votre activité démarre lentement avec peu de revenus les premiers mois
  • Vous avez besoin d’une sécurité financière mensuelle régulière
  • Vos droits restants sont importants (plus de 18 mois)

Optez pour l’ARCE si :

  • Vous avez besoin d’un capital de départ pour financer du matériel ou de la communication
  • Vous êtes confiant dans votre capacité à générer rapidement des revenus
  • Vous souhaitez sortir rapidement du système d’allocations

Une règle empirique souvent citée par les conseillers France Travail : le maintien de l’ARE est presque toujours plus avantageux financièrement sur le total perçu, sauf si vous avez un besoin impératif de capital initial.

Les démarches à effectuer auprès de France Travail

Pour bénéficier du maintien de l’ARE ou de l’ARCE lors de votre création d’entreprise, voici les étapes à suivre :

1. Informer France Travail avant ou dès la création Signalez votre projet de création via votre espace personnel en ligne ou en contactant votre conseiller. Inutile d’attendre que l’entreprise soit officiellement immatriculée.

2. Fournir le justificatif de création Une fois votre structure créée (extrait Kbis, récépissé INSEE pour auto-entrepreneur…), transmettez ce document à France Travail. C’est à partir de cette date que vos droits sont recalculés.

3. Effectuer votre actualisation mensuelle Chaque mois, lors de votre actualisation en ligne, déclarez votre activité et renseignez le montant de vos revenus bruts. Pour un auto-entrepreneur, il s’agit de votre chiffre d’affaires brut mensuel.

4. Conserver tous vos justificatifs Factures, relevés de compte, déclarations URSSAF… Conservez l’ensemble de ces documents pendant au moins 3 ans en cas de contrôle.

L’accompagnement de France Travail pour les créateurs d’entreprise

Au-delà des aides financières, France Travail propose un accompagnement spécifique pour les demandeurs d’emploi qui souhaitent créer leur activité. Depuis 2023, avec la réforme France Travail, cet accompagnement a été renforcé.

Vous pouvez bénéficier :

  • D’ateliers de création d’entreprise animés par des conseillers spécialisés
  • D’une mise en relation avec des couveuses d’entreprise ou des coopératives d’activité (CAE) pour tester votre projet en situation réelle
  • D’un accompagnement par des réseaux partenaires comme l’ADIE (microcrédit), BGE ou Initiative France
  • Du parcours Activ’Créa, un programme de 5 semaines pour préparer et structurer votre projet

N’hésitez pas à solliciter votre conseiller dès que votre projet de création prend forme. Plus vous anticipez, plus vous optimisez vos droits et votre accompagnement.

Conclusion

Créer une entreprise ou se lancer en freelance pendant une période de chômage n’est pas seulement possible : c’est souvent le moment idéal pour franchir le pas. Le filet de sécurité constitué par l’ARE vous permet de démarrer votre activité sans pression financière immédiate, ce qui est un avantage considérable pour construire une clientèle solide.

L’essentiel est de bien vous informer en amont, de déclarer votre activité sans attendre et de choisir entre maintien de l’ARE et ARCE en fonction de votre situation personnelle. Chaque mois de droits conservé est un mois de tranquillité supplémentaire pour développer votre projet.

Vous hésitez encore sur le statut juridique à adopter ou sur la manière d’optimiser vos droits ? Consultez un conseiller France Travail spécialisé en création d’entreprise : c’est gratuit et cela peut faire une vraie différence dans vos choix stratégiques.


FAQ

Puis-je créer une auto-entreprise tout en percevant l’ARE ? Oui, tout à fait. La création d’une micro-entreprise est compatible avec le maintien de l’ARE. Vous devez déclarer votre chiffre d’affaires mensuel lors de votre actualisation. France Travail déduira 70 % de vos revenus de votre allocation et vous versera le complément si vous restez sous votre seuil d’indemnisation.

Combien de temps peut-on cumuler ARE et revenus d’activité non salariée ? Vous pouvez cumuler l’ARE avec vos revenus d’activité jusqu’à l’épuisement de vos droits, sans limite de durée autre que celle de votre ouverture de droits initiale. Plus vos revenus sont élevés, moins vous percevez d’ARE chaque mois, mais vos droits restants sont décalés dans le temps.

L’ARCE est-elle soumise à des cotisations sociales ? Oui. L’ARCE est soumise à la CSG et à la CRDS (environ 6,7 % de prélèvements). En revanche, elle n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu. Il faut donc anticiper ce prélèvement lors du calcul du capital net que vous recevrez réellement.

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